Les malheurs du féminisme
Par Olympe le vendredi 10 octobre 2008, 10:14 - Lien permanent
A lire dans le Monde d'aujourd'hui un billet de Caroline Fourest intitulé "le féminisme pour les nuls"
"Une douce OPA s'opère sur le Mouvement de libération des femmes. La semaine dernière, Le Parisien et Ouest-France annonçaient "les quarante ans du MLF"... Avec deux ans d'avance. Stupeur chez les féministes. Seraient-elles guettées par la maladie d'Alzheimer ? Serions-nous déjà en 2010 ? De l'avis des historiennes comme des militantes, les "années mouvement" remontent à 1970. Des féministes étaient bien à l'oeuvre parmi les activistes de Mai-68, mais leurs préoccupations, n'était la priorité du mois de mai, surtout pas celles de leurs camarades garçons. Il faut attendre 1970 pour assister à un mouvement revendiquant la libération des femmes à travers une série de temps forts collectifs : réunion à la faculté de Vincennes, dépôt de gerbe à la femme du "soldat inconnu" et numéro de la revue de Partisan proclamant "Féminisme : année zéro". Mais alors pourquoi cette précipitation et pourquoi certains médias datent subitement l'acte fondateur du MLF un 1er octobre 1968 ? Cette date ne correspond à rien... si ce n'est à l'anniversaire d'Antoinette Fouque. Aussi comique que cela puisse paraître, cette ancienne députée européenne, fondatrice des Editions des femmes, croit se souvenir avoir abordé la question avec deux amies le jour de son anniversaire en 1968... Ce qui en ferait l'une des "fondatrices" du MLF. Son service de presse ne ménage pas ses efforts pour le faire savoir. Ouest-France l'annonce donc : "Il y a quarante ans, Antoinette Fouque créait le MLF." L'époque est décidément propice aux impostures. Et pas seulement sur Internet. Le seul fait que ce canular médiatique fonctionne en dit long sur la méconnaissance, voire le mépris envers l'histoire du féminisme, jugée secondaire"
Je n'étais pas dans la rue en 68 et je n'ai pas d'avis sur la question, mais je sais qu'il manque aujourd'hui un grand mouvement fédérateur des femmes et de tous les féminismes. Qui serait reconnu et ferait qu'être féministe ne serait pas une tare. J'en ai marre d'être traitée d'extrémiste parceque je dénonce le fait qu'il n'y ait que 18% de femmes à l'assemblée nationale ou que de nombreuses publicités nous traitent soit comme des objets sexuels soit comme des ménagères.








Commentaires
Merci pour ce billet. J'ai lu cet article aussi et me suis fait la même réflexion.
Ce billet est intéressant et utile. Je ne me considère pas comme une extrémiste lorsque je dit qu'il n'y a pas assez femmes en politique, notamment dans les institutions dites "prestigieuses".
Je ne suis pas certaine qu'un grand mouvement féministe soit la solution pour résoudre les difficultés auxquelles les femmes sont confrontées dans nos sociétés. Etre solidaires entre nous serait déjà un bon début !
Dans l'esprit de pas mal de gens aujourd'hui, Mai 68 est devenu un truc d'étudiants gauchistes, bourgeois, à peine sortis de l'adolescence et irresponsables (heureusement que même à droite quelques voix rappellent que 68 nous à sorti du XIXème siècle). Ca doit arranger de mettre l'esprit féministe dans le même panier, un truc d'agitées et pas très sérieux au fond (même si on ne le dit pas comme ça, à mon avis il yb a toujours un peu de cette manière de voir les féministes).
Au début des années 70 j'étais en Lettres à Jussieu Paris VII. J'ai le souvenir d'assemblées générales dans le grand amphi INTERDITES AUX MECS(*). J'avais trouvé ça compréhensible vu le contexte de l'époque où le mot d'ordre prioritaire c'était d'être "en lutte", mais quand même assez violent.
(*) euh... pasque à l'époque où j'vous parle voyez, yavait pas vraiment d'hommes, voyez, yavait les mecs et les femmes.
;-)
La question que je me pose : aujourd'hui, avons-nous tous et toutes assez grandi, assez mûri, pour reprendre le problème mais autrement ?
Oui, il manque un mouvement féministe. Je rêve qu'un jour aucun homme ne puisse s'adonner à des propos machistes par crainte d'être poursuivi en justice par l'une d'entre nous.
Mon entreprise fait partie de ces sociétés qui se sont engagées publiquement à faire progresser davantage les femmes. Mais la réalité, c’est ça : « Elle vient de nous annoncer qu’elle est enceinte. Tant pis pour elle, elle a fait un choix, faut pas qu’elle s’attende à retrouver son poste dans 4 mois. Soit on bosse, soit on fait des gosses. C’était bien la peine de foutre une femme à ce poste ». Propos tenus de façon délibérée devant une jeune recrue de 25 ans par deux cadres dirigeants au sujet d’une responsable commerciale.
Ce n’est pas d’être féministe qui est une tare, c’est d’être une femme. C’est sûrement trop tard pour beaucoup d’entre nous, mais pour nos filles, pour ces jeunes femmes qui reçoivent des propos comme ceux que je viens de citer, nous devons être militantes tous les jours, dans nos entreprises, dans notre couple, dans la vie quotidienne et ne jamais rien laisser passer. Même (ou surtout ?) si on se fait traiter d’hystérique
J'étais à la conférence de presse qui célébrait les 40 ans du MLF. Ca se crépait le chignon parce que Antoinette Fouque "s'appropriait" la création du mouvement... Que ce 1968 ou 1970, on s'en fout pas un peu, non ? L'important, c'est l'avenir, c'est "l'après-MLF". Où est la relève ? Il reste encore tant de choses à faire pour réduire les inégalités H/F...
( " ça se crêpait le chignon" , expression bien machiste..." )
" 'il manque aujourd'hui un grand mouvement fédérateur des femmes et de tous les féminismes. "
Totalement d'accord.
"Ce n’est pas d’être féministe qui est une tare, c’est d’être une femme."
dit Marta: selon le mainstream, clairement oui, dans l'espace public ... et même plus généralement hors de la cuisine, de la nursery ou de la salle de bains (bah oui, doit être propre et sexy, la dame).
Donc dehors c'est une tare, et dans les espaces dédiés, c'est un esclavage ... on fait quoi?
@Corinne: dans le comm ci-haut, emploie une expression bien sexiste en effet: tous les mouvements/groupements etc ont des querelles internes, ou entre mouvements, on n'en parle pas comme de crêpage de chignon...ou alors justement pour faire une comparaison avec des nanas pas foutues de discuter intelligemment..
Par ailleurs, (sur son blog) semble valider l'idée que le MLF aurait été agressif est oublier que le féminisme n'a jamais tué personne, le machisme oui.. faut donc me définir ce qu'il en est de l'extrêmisme, là...
@ Julos: "interdite aux mecs" comme tu le dis, était nécessaire à cette époque pour que les femmes puissent enfin s'approprier une parole qui fût la leur, et une construction sociale entre femmes qui ne fût pas celle instituée par le modèle social ambiant: les femmes ne savaient pas, ne pouvaient pas "être ensemble" pour autre chose que garder les gamins ou se passer la lessive et le tricot, il fallait donc qu'elles puissent se rassembler pour elles mêmes et leurs propres intérêts, les considérer comme ayant une valeur intrinsèque, et non pour...tout le reste (travail, famille patrie...).
Alors ça a pu paraître violent aux mecs.. en fait c'est surtout que ça les inquiétait: ils perdaient ainsi sinon la maîtrise du moins la connaissance de ce qui allait se dire et se penser...
Maintenant que les femmes sont bombardées d'une iconographie extrêmement injonctive, d'un discours qui ne l'est pas moins, le tout au nom du libéralisme (autrement dit, une révolution sexuelle qui est allée dans le sens du désir des hommes), je me demande si (re)mettre en place des mouvements non mixtes, ou des moments non mixtes dans lesdits mouvements ne serait pas nécessaire.
Enfin, au sujet d'A.Fouque, je dois avouer que, même si la domination des femmes s'est jouée, se joue toujours, sur celle de leur capacité reproductive, son idéologie de la femme-matrice du monde (je résume) me paraît un peu dévoyer la question de leur liberté et de leur égalité avec les hommes.
Mais c'est un autre débat.
Ca me choque qu'on agresse Corinne à cause d'une expression courante (faut-il mesurer le degré de féminisme des gens qui s'expriment à ce sujet, et rendre des comptes ?), et me perturbe beaucoup ce genre d'idées :
""le tout au nom du libéralisme (autrement dit, une révolution sexuelle qui est allée dans le sens du désir des hommes), je me demande si (re)mettre en place des mouvements non mixtes, ou des moments non mixtes dans lesdits mouvements ne serait pas nécessaire.""
Est ce qu'on a pu définir ce qui est "le désir des femmes" et "le désir des hommes" ? Qu'on réduise l'avancée des années 70 à une entourloupe encore "des hommes", ça me fait vraiment de la peine. J'estime qu'aujourd'hui pas mal de femmes ont acquis une certaine liberté, y compris sexuelle, du fait des avancées de 70, et ce n'est pas rendre service au féminisme de nier cette liberté et de ne voir que celle supposée des hommes (le succés de l'industire porno n'est pas le signe de la liberté sexuelle des hommes). Les femmes aujourd'hui libérées ont elles une sexualité d'homme ? Je remarque en lisant internet que beaucoup de jeunes femmes ont des désirs qui, selon cette vision des choses, seraient des désirs masculins, et il me semble que c'est un progrés important.
La société est beaucoup plus hétérogène qu'en 1970. Que quelques femmes aient besoin encore de la non mixité pour apprendre à être elles mêmes en se protégeant de la domination des hommes, ça ne fait pas de doutes. Mais je ne crois pas qu'on puisse en faire une rêgle générale, je crois que pas mal de féministres mésestiment le degré de responsablité de beaucoup de femmes, en se focalisant sur certaines parties de la population. Et en 2008, je pense que le féminisme devrait savoir mesurer tout ce qui a changé dans notre société... trouver de nouvelles armes contre un nouveau machisme, assez violent...oui... mais cette révolte ne doit pas faire un retour en arrière en enfermant de nouveau l'ensemble des femmes dans le statut de faibles victimes irresponsables.
Je dis ça maladroitement, rapidement, et sans prétention, mais c'est à mon avis le débat qui manque dans ce que je lis sur internet (et manque de bol pour moi, j'arrète la discussion là car je m'en vais quelques jours)
Ouhla désolée si ce que j'ai dis à Corinne paraissait agressif, ce n'était pas mon intention; ceci dit, tenter de ne pas reproduire dans son propre langage ce qui justement contribue à conserver des modèles de pensée sexistes, ce serait tout de même pertinent, je crois.
En ce qui concerne la révolution sexuelle: je suis ok avec ce que dis ali, mais comment ne pas voir que la dissociation entre reproduction et sexualité a dévié vers une pensée (libérale, pusique c'était- c'est encore- l'air du gtemps) de la disponibilité sexuelle des corps des femmes au profit des standards masculins?Qui n'ont pas franchement avancé en effet: le pr0n est bien le truc le plus éculé qui soit, rien de neuf là dedans si ce n'est l'expansion de la violence qui s'y trouve.
Que des femmes - je dis "des"- revendiquent la position qui leur est ainsi proposée (imposée?) me parait pour partie - je dis bien pour partie- relever d'un syndrome de stockholm ou disons d'un désir plus ou moins conscient de se poser du côté du groupe dominant.
Ce n'est pas faire du victimisme que de constater cela: un constat permet d'avancer, justement :-)
A noter: les rôles féminins sont vraiment de plus en plus montrés (la force des media est bien plus grande que dans les 70) du côté de la séduction (et qui séduit-on?pour exister?) ou de la maternité supposée heureuse et comblante.
Comme évolution...y'a encore du taf..
quel riche débat !!
Corinne, je suis d'accord avec l'idée que l'expression "crépage de chignon " n'est pas très heureuse. voir à ce propos l'image que les adversaires des suffragettes ont donné d'elles http://blog.plafonddeverre.fr/post/... mais je suis tout à fait d'accord avec toi. on s'en fout !!
concernant la libération sexuelle je suis toujours scandalisée de l'utilisation qui est faite du corps des femmes par la pûb. Il est possible également que l'injonction au plaisir soit une aliénation, mais il faut se rappeler ce qu'était la sexualité pour les femmes avant 68 et avant la pilule. Angoisse et culpabilité. angoisse de tomber enceinte, d'être montrée du doigt si on devenait une "fille-mère". culpabilité de ne pas arriver vierge au mariage, honte d'être classée dans la catégorie des putains ou des "Marie couche toi là". Pas drôle !!
quand aux réunions sans femmes je suis toujours étonnée de la levée de bouclier que suscite l'idée de non mixité. Pleins de lieux ne sont pas mixtes : les clubs de sports, les coiffeurs, les francs maçons (!).. et en général j'aime beaucoup l'ambiance lorsqu'il n'y a que des femmes.
euh... je voulais dire quand aux réunions sans hommes
Mais bien sûr que la contraception sûre est la plus grande invention du 20eme siècle, bien plus que marcher sur la lune et à égalité avec les robots ménagers :-)
Evidemment que l'évolution des mentalités permet des aménagements de l'engendrement et de la filiation.
Mais tot de même, c'est bien à partir de 68 qu'un homme a pu dire à une femme: t'es plus vierge, tu prends la pilule, alors pourquoi tu veux pas?
(relire B.Groult, tiens) autrement dit, de la contraception sûre découlait la disponibilité des corps des femmes.
Et ceci est actuellement toujours vrai, accentué par les mass media, doublé d'une remontée religieuse/moraliste, qui met les femmes encore plus qu'avant face à des injonctions contradictoires voire paradoxales.
Et en effet, la non mixité féminine choque toujours plus que la masculine... D'ailleurs en ce moment, il y a grande crise testiculaire au GODF...
Je ne souhaitais pas aborder ou évoquer le principe de "non mixité" lorsque j'ai parlé d'A.G interdites aux mecs. C'était juste pour rappeler vite fait l'ambiance de l'époque. Mais puisqu'on en parle, parlons-en. Je ne pense pas que décréter "non mixte" une réunion à caractère revendicatif ou militant telle qu'une AG, voire une manif, puisse être comparé avec les exemples de rassemblement que cite Olympe (club sportif, coiffeur etc...)
Ça a pour moi une toute autre signification, objectif, ou portée symbolique. Essayons de comparer ce qui est comparable.
Personnellement, je comprenais, à l'époque (j'avais une vingtaine d'années) l'objectif recherché par des femmes engagées dans un combat féministe ; ça me semblait même tactiquement juste, de leur point de vue (quoique "violent", comme une réponse violente, parce que excluante, face à la violence d'une société machiste).
Qu'en est-il aujourd'hui ? Ne serait-ce qu'une avant-garde, non-mixte donc ... j'ai du mal à y croire. Non pas parce que je m'inquiéterais de ce "qu'elles pourraient bien comploter dans mon dos, ces femmes-là" mais plutôt parce que ça me semblerait anachronique dans la société policée de 2008 et sans doute, au final, assez contre-productif. A moins de décréter qu'une femme ne peut faire confiance à aucun homme comme compagnon de lutte pour l'égalité des sexes, il me paraît plus réaliste et plus prometteur d'avancer dans la mixité et la complémentarité. Ce qui n'empêche pas de laisser vivre et fonctionner ici ou là des espaces non-mixtes (*) qu'il n'est nul besoin de décréter pour qu'ils existent, nos "habitus" socioculturels gèrent ça très bien, et depuis longtemps.
(*) perso les réunions entre mecs... au-delà de deux... je préfère éviter ;-)
"Essayons de comparer ce qui est comparable."
Oui certes, et je comprends bien ton argument, mais justement, le doucle stndard aidant, on ne peut que très très rarement comparer les activités - et surtout les valeurs respectives qu'on leur accorde- des femmes et celles des hommes.
Alors...?
Bon chuis trop schlass pour raisonner plus loin, mais tout ça mériterait un vrai bon débat :-)
OK mebahel, je te laisse dormir pendant que je réfléchis pour deux ;-) (Ah la la toujours la même répartition des tâches, j'te jure ;-)))
Olympe dit plus haut : ..."en général j'aime beaucoup l'ambiance lorsqu'il n'y a que des femmes." Ben c'est possible mais moi, par contre, il me semble difficile d'en dire autant du côté des hommes... Je me répète beaucoup sur ce point mais franchement à partir de 3 mecs t'as vite une meute souvent ... Moi je serais près à militer pour... interdire les attroupements de mecs non mixtes tu vois !
Plus sérieusement, la question qui se pose sur ce point, à mon sens, c'est qu'à partir du moment où des femmes souhaitent se réunir pour échanger sur leur condition de femmes, leur rapport aux hommes, les problèmes relationnels, voire affectifs qu'elles rencontrent dans divers contextes, la question de l'égalité, de la parité ... bref des sujets lourds, vaut-il mieux en exclure les hommes de cette réflexion ou les y associer d'emblée ?
Pour ma part, je préfèrerais l'option mixte. Mais mon point de vue est-il un point de vue d'humaniste égalitariste ou juste un point de vue d'homme ? ou les deux à la fois ?
"Plus sérieusement, la question qui se pose sur ce point, à mon sens, c'est qu'à partir du moment où des femmes souhaitent se réunir pour échanger sur leur condition de femmes, leur rapport aux hommes, les problèmes relationnels, voire affectifs qu'elles rencontrent dans divers contextes, la question de l'égalité, de la parité ... bref des sujets lourds, vaut-il mieux en exclure les hommes de cette réflexion ou les y associer d'emblée ?"
A partir du moment où les femmes souhaitent se réunir entre elles... je suis fermement pour qu'elles le fassent. Point.
On ne parle pas des rapports aux hommes (donc à son homme si on est hétéro en couple) pareils en milieu mixte et non mixte. On ne parle de toute façon pas pareil quel que soit le sujet parce qu'en milieu mixte, ce sont les hommes qui parlent.
Mais Emelire a raison, si le sujet est très féministe, il n'y aura de toutes façons que des femmes (ou un homme peut-être). Ça s'observe même dans les salles de cinéma..
Aux hommes de bonne volonté à créer leurs groupes non mixtes pour échanger sur "leur condition d'hommes, leur rapport aux femmes, les problèmes relationnels, voire affectifs qu'ils rencontrent dans divers contextes, la question de l'égalité, de la parité..." Je suis sûre que ce serait enrichissant et subversif.
"Aux hommes de bonne volonté à créer leurs groupes non mixtes pour échanger sur "leur condition d'hommes, leur rapport aux femmes, les problèmes relationnels, voire affectifs qu'ils rencontrent dans divers contextes, la question de l'égalité, de la parité..." Je suis sûre que ce serait enrichissant et subversif."
Je plussoie !!
Et ça:"A partir du moment où les femmes souhaitent se réunir entre elles... je suis fermement pour qu'elles le fassent. Point."
aussi !
(ha c'est cool les gensses qui disent les choses à votre place et mieux, en plus !)
"Quant aux histoires de 'sans les mecs' qui agresse ces pauvres hommes, tant de lieux sont interdits aux femmes sans que personne ne s'en offusque que cette réflexion prête vraiment à rire. "
Bon ben j'aurai au moins réussi ça : vous faire rire Emelire ;-)
Pourriez-vous me préciser les lieux qui sont explicitement interdits aux femmes (on élimine donc ceux qui le sont insidieusement, notamment à cause de la triche sur la parité) ?
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"A partir du moment où les femmes souhaitent se réunir entre elles... je suis fermement pour qu'elles le fassent. Point."
Figurez-vous que moi aussi Christine ! Parce que sinon ça voudrait dire que des hommes envisageraient éventuellement de s'opposer à ce que des femmes se réunissent entre elles. Aberrant en effet. Ce n'est pas cela que je soupesais mais plutôt l'intérêt ou non d'une co-réflexion, d'un échange, voire d'un partage. Et pas systématiquement non plus !
Personnellement, j'ai très vite demandé à l'hôtesse de ce blog si les hommes y étaient bienvenus,sachant que dans le nom de ce lieu d'échange il y est spécifié "blog féministe". Or, je suis un homme, pas un féministe. Si la réponse avait été négative, je l'aurais compris.
Vais-je encore être la risée de tout le blog avec ça ou pas ?
Encore une chose : un mec pour 10 femmes dans une réunion sur l'égalité des sexes... c'est mal barré et l'inverse tout autant.
@ Emelire
Je vous confirme que je suis entièrement de bonne foi (du coup ma question est une vraie question, pas une provoc) ; je ne vois pas l'intérêt, notamment, de fréquenter ce blog si l'on ne souhaite pas échanger en toute sincérité. J'espère ne vous avoir fait perdre qu'un minimum de temps et qu'une autre personne pourra me répondre.
@+
j'ai quelques soucis d'internet, alors je ne passe qu'épisodiquement.
mais je suis saisie par l'intensité de ce débat, qui pose des questions importantes. Merci à Julos d'apporter une vision masculine. je suis d'ailleurs étonnée que tu te décrives " comme "je suis un homme, pas un féministe". Ce n'est pourtant pas incompatible, et à te voir si souvent ici et si actif je pensais bien que tu étais féministe. :-)
et je trouve que tu as raison quand tu dis "avons nous tous assez grandi pour reprendre le problème autrement ?"
moi je trouve que les 2 versants existent : d'une part emelire a vraiment raison quand elle dit que les machos font gaffe lorsque les femmes s'unissent, lorsqu'ils savent qu'ils ont affaire à une féministe (en politique notamment) et ça c'est indispensable. et pour cela on doit être combative. très pertinente aussi la comparaison avec une réunion antiraciste, 1 blanc pour 10 noirs il ne se sentira pas en minorité dans ces circonstances c'est vrai.
en même temps je ne pense pas que la vie soit un combat, j'ai autour de moi pleins d'hommes acquis à l'idée que les choses doivent changer, mais qui n'ont pas toujours conscience de fonctionner avec des stéréotypes. on devrait pouvoir en discuter de façon ouverte. d'ailleurs la plupart des femmes n'ont pas non plus conscience des stéréotypes (j'ai été surprise par exemple des réactions à un billet qui dénonçait la pub Marie, le nombre de femmes qui m'ont dit "mais je ne vois pas en quoi cette pub te dérange" !!)
au final il me semble que si j'avais le choix entre une réunion mixte et une non mixte sur "que faisons nous pour faire évoluer la place des femmes" je choisirai de commencer par la réunion non mixte, parceque il n'y a pas beaucoup d'endroits où les femmes peuvent refaire le monde, et ce serait pourtant vraiment intéressant qu'elles apportent leur propore vision (cf le dernier billet de Corinne à propos des femmes et de la crise bancaire http://toutpourelles.fr/index.php?2...
Un grand merci à Emelire (tout particulièrement) et aussi à Olympe d'avoir pris du temps pour me répondre aussi franchement que précisément.
Je reprends le clavier pour préciser à mon tour deux choses essentiellement.
- à l'attention d'Emelire : pourquoi vois-tu de l'ostracisme dans le fait de considérer qu'un déséquilibre numérique puisse rendre plus difficile la juste expression de tous les points de vue au cours d'une réunion mixte ? je ne dis pas que c'est impossible, juste beaucoup plus incertain, voire voué à l'échec. Et ça me navre bien sûr. Je ne porte pas de jugement de valeur, je constate, c'est tout. Cela dit, l'analogie que tu fais avec la question du racisme me parait pertinente, en effet. Le machisme, la misogynie, la phallocratie, en plus d'être des comportements et des modes de pensée sexistes sont à mes yeux une forme de racisme.
- à l'attention d'Olympe : pourquoi je me définis "homme" mais pas "féministe" ? parce que je préfère me définir "humaniste". Je pourrais dire aussi "droitdel'hommiste" mais l'expression est trop galvaudée. Et puis, de la même manière que les femmes se méfient, à juste titre, des hommes qui déclarent "aimer les femmes", j'ai le sentiment qu'un homme se déclarant "féministe" c'est forcément un peu suspect aux yeux de beaucoup de femmes et complètement démago aux yeux de beaucoup d'hommes non ?
Emelire prenait des exemples dans les religions, pour me répondre, moi ma religion, en tant qu'athée ;-)) c'est de croire en l'Humanité (hommes et femmes).
Les hommes proches (politiquement ;-)) des féministes se disent souvent pro-féministes. Ça l'fait, non ?
Pour l'ostracisme, je t'ai relue, Emelire et... désolé je crois que je ne comprends pas bien le sens de ton objection. Pas grave ?
Sinon moi j'adore les mots et puis je suis un homme "de paroles" alors bla bla bla je mets des mots sur tout !
Désolé ;-)
Tiens, je ne pensais pas faire partie d'une "levée de bouclier" contre le regroupement des femmes. Je pense juste que la "non mixité" n'est quand même pas ce qu'il y a de plus révolutionnaire dans le féminisme. Ce n'est pas parce que les hommes sont censés se retrouver au club de sport le vendredir soir (franchement, est-ce que tous les hommes font parti d'une équipe de foot etc...??) que la lutte des femmes doit être de se regrouper entre femmes. Les groupes féminins non-mixtes existent depuis bien longtemps et ne sont pas la garanti du féminisme (hem hem, la réunion tuperware, ou en plus ultra moderne autour du "sextoy" -j'ai vu ça à la télé-...si ce n'est pas le pendant de l'équipe de foot ou de l'apéro au bistrot...). Non, pour moi, la lutte féministe c'est de prendre sa part de pouvoir parmi les hommes, et la non mixité ça ne peut être un principe bien fondamental, juste un outil dans certains cas de figure (c'est pas plus ce que je dis plus haut)... le but étant quand même justement de s'affanchir d'un apartheid qui existe déjà (m'enfin, je parle du vrai féminisme comme je l'ai compris). Bon, je sais bien que mon avis peut être tronqué par le fait que je suis un homme...en plus hétéro et "blanc" (j'ai retrouvé comme une ambiance de forum des CDGs), mais mon avis est celui en lequel je crois le plus, car, au contraire de ce que j'ai pu lire aussi (mais évidement avec quoi je suis très souvent d'accord quand même), une bande de plus de trois mecs n'est pas forcément une bande d'abrutis, je le vérifie chaque fois que je retrouve ensemble mes amis masculins, qui sont plus féministes que bon nombre de femmes...et j'en conclue donc, que dans la manière de décrire la société, le machisme n'est pas systématiquement du coté de l'avis du male, et aussi "l'homme féministe", n'est pas toujours en train de comploter pour tirer la couverture du coté des males... j'ai remarqué, encore sur internet, que le "e" à la fin des mots est souvent le seul indice pour quel est le sexe de l'auteur-e dans la vie ordinaire. Voilà encore à mon avis des arguments contre la "non mixité" de principe.
@ ali: mais bien sûr, nombre de femmes pensent et agissent selon le mainstream.. B.Groult nommait cela la "misogynie d'appoint" qu'on peut aussi comprendre comme un syndrome de stockholm.
Enfin il ne s'agit pas de dire que la non mixité d'un groupe est révolutionnaire, mais qu'elle peut être utile voire nécessaire dans diverses occasions.
Enfin pour le forum cdg était accueillant à toutes et tous, si tu n'y a pas trouvé ta place, alors que d'autres hommes l'ont bel et bien trouvée, c'est que sûrement il ne fallait pas oublier que l'espace y était *d'abord* dédié à la parole des femmes, à leur témoignage, souffrance ressenti ou questionnement car il n'y en avait pas tant que cela des forums réellement féministes...
La doxa dit volontiers : "Il faut de tout pour faire un monde". A quoi le poète répond : "Il ne faut pas de tout pour faire un monde, il faut du bonheur, et rien d'autre !"
Homme ou femme, garçon ou fille, c'est notre regard qui doit pouvoir être mixte, sans loucher, et notre écoute qui doit être en stéréo, tout en entendant la différence.
http://www.dailymotion.com/video/x5...
Mebahel, je pense que le sujet est explosif (et c'est mon dernier mot à ce sujet), mais associer forum des CDG au mot "acueillant" est risible. Les hommes "autres" n'ont pas été les seuls, d'ailleurs à subir les insultes pires que sur aucun autre forum d'internet. Ca serait de bonne guerre si ça avait été dans l'unique but de servir de puching-ball thérapeutique à quelques femmes en souffrance. Mais en fait, se faisaient traiter de tous les noms et pourrir l'existence celles et ceux qui s'aventuraient au delà d'une stricte ligne du féminisme le plus caricatural, simpliste et sexiste, femmes comme hommes...
Je trouve une contradiction à parler de bon accueil pour les hommes, dans un endroit virtuel (ou seule la parole écrite existe) réservé à la parole des femmes (ce n'était pas écrit dans la charte). Cette présence n'est pas possible sans une attitude paternaliste... un homme fort qui écoute les femmes se lamenter en prenant la pose... ça n'a pas de sens. Sauf le célèbre "poussière" à réussi,... initier un fil ou il dit qu'il va cesser de parler pour laisser la parole aux femmes, (sous entendant que tout ce qui sortirait par la suite d'un clavier masculin serait une agression). Et pour dire l'ambiance, j'ai même vu des interlocutrices se faire insulter parce qu'elles m'accueillaient sur le forum avec des mots sympathiques (moi un homme) comme sur n'importe quel autre forum. Je précise que j'ai tenu deux ans sans enfreindre la charte de tout forum sur internet, à savoir le respect des ses interlocut-rices/teurs, même quand je me suis fait insulter et traiter de masculiniste le jour ou j'ai raconté qu'ado j'avais été violé (et en plus je minimisait ma souffrance pour dire que c'était moins grave que pour beaucoup des femmes).
Je n'ai jamais été viré de ce forum (ce qui est assez fort vu le climat de violence continuelle à mon égard), moi qui ne me suis jamais censuré, parce que justement je n'ai jamais considéré que ma parôle devait avoir plus de poids qu'un-e forumeur-se lambda. C'est ma vision des forums féministes, ce ne sont pas les pires machos en général qui les fréquentent, donc, conforter encore les "faibles femmes" dans une idée d'apartheid, ce n'est pas ce qu'on fait de plus anti-sexiste et libérateur à mon avis. Les quelques "faibles femmes" qui ont eu tous les droits en matière de dépassement de rêgle de bonne conduite sur un forum, en pratiquant l'insulte personnelle à longueur de post... qu'est ce qu'elles m'ont mis..
La non mixité à un sens dans certains cas de figures de la vie, pas besoin d'être féministe pour le comprendre. Mais quand il s'agit d'entretenir l'idée que "l'homme" est par nature dangereux, manipulateur etc... c'est une autre histoire...
Bon alors évidemment, comme le forum cdg n'est plus accessible, tu peux raconter ce que tu veux de ton ressenti du passage que tu y as fait.
Sauf que la charte du forum ne permettait pas les injures/insultes etc, l'équipe de modération y veillait de près, donc merci d'arrêter la parano.
Je ne peux pas non plus prouver ce que je dis, alors il est inutile que je démente ici, pourtant ça me démange, d'autant que je vois 'qui' tu étais sur ledit forum.(violence continuelle.. non mais lol, quand même...)
Je rajouterais que lorsque des femmes (enfin se présentant comme telles) ont eu des positions limites quant au féminisme en général ou face à certains témoignages en particulier, elles avaient aussi à se justifier.
Le forum cdg tenait compte du fait que si certains hommes tentent de modifier leurs pensées et comportements, ils n'en restent pas moins, en tant que catégorie/groupe social le groupe dominant et à ce titre moins atteints par la violence de notre système sexiste, et devant donc être prudents avec leurs propos et leur présence sur le forum.
Nombre de femmes venaient sur ce forum avec leur souffrance et leur envie d'un espace où la parler enfin n'allait pas être jugé/modifié/mal compris etc.
Nombre d'autres n'avaient pas (pas encore?) dépassé ladite souffrance assez pour rester sereine face à des propos qui arguaient de la souffrance d'un homme quand des millions de femmes souffrent bien autrement et que justement certains pseudos déclarés comme hommes arrivaient à parler et respecter un espace dédié (et pas uniquement 'poussière').
Je suis désolée de ce petit embryon de mise au point chez toi, Olympe, mais tout de même, c'est facile de se plaindre de n'avoir pas été entendu sur un forum féministe alors même qu'on a pu, et donc voulu, y rester...
""Le forum cdg tenait compte du fait que si certains hommes tentent de modifier leurs pensées et comportements, ils n'en restent pas moins, en tant que catégorie/groupe social le groupe dominant ""
Ca résume un féminisme (bien ancré dans notre époque) qui trouve son confort dans la société traditionnelle, où les hommes sont toujours clairement identifiés comme des hommes, et les femmes comme des femmes. C'est vrai que sur le forum, les femmes qui s'écartaient de la stricte ligne, étaient aussi sujettes aux reproches (c'était souvent loin d'une simple demande de se justifier) et se retrouvaient souvent accusées d'ultra libérales à la solde des proxénètes.
Pour ce qui est de mon ressenti sur ce forum des CDGs, je suis très loin d'être le seul, parmi les gens qui se disent féministes.
Bonne semaine, je ne suis plus là...
"Pour ce qui est de mon ressenti sur ce forum des CDGs, je suis très loin d'être le seul, parmi les gens qui se disent féministes."
Oui ,alors là, pareil:mettre en cause des 'autres' tout aussi peu trouvables puisqu'on est dnas le virtuel, c'est pas compliqué.
Pour le reste, je te laisse à ton appréciation qui reflète surtout ton propre mode de pensée.
Sur ce, end of transmisson.
Juste pour dire qu'en novembre dernier eut lieu en Italie (je suis résidente en Italie) une manifestation a Rome, qui a réuni 150 000 femmes venues de tout le pays, contre les "violences masculines".
Il y avait plus de 20 ans (depuis les années 70 en fait) qu'une telle chose ne se voyait plus en Europe. Les médias italiens ont tout de même bien été obligés d'en parler (pour dénigrer et minimiser, naturellement), parce que ce n'est pas le genre d'évènement qui se produit tous les jours et qui passe inaperçu. La presse, berlusconienne ou "indépendante", n'en a parlé que de façon laconique et généralement pour dénigrer également (les ministres femmes du gouvernement Prodi se sont fait huer). Les médias et la presse étrangère n'en n'ont pas parlé, le net francophone pas davantage.
Cette manifestation a été entièrement organisée par des groupes féministes NON-MIXTES à l'exception je crois de 2 collectifs romains mixtes. Sans aucuns relais médiatique, sans aucun autre support que l'internet, par le seul moyen de leurs blogs et de leur sites.
La manifestation était non-mixte. Les hommes qui ont voulu y participer pour apporter leur soutien ont été priés d'aller en queue de cortège. Seuls les 2 collectifs romains ont accepté leurs hommes avec elles dans le défilé, ce qui était tout à fait minoritaire. Quelques travailleurs immigrés se déclarant féministes ont été étonnés d'être renvoyés en queue de cortège avec les autres. Seules les femmes immigrées ont été acceptées; c'est d'ailleurs une délégation de femmes rroms qui a ouvert le cortège.
Cela me semble démontrer que seul le féminisme radical et ses collectifs non-mixtes ont la capacité fédératrice et le dynamisme nécessaires pour organiser une action d'une telle ampleur.
C'est impressionnant et bien sur ça fait plaisir parce quelque chose bouge (la manif en Italie). Mais pour moi, le constat que ça marche mieux quand c'est non-mixte, ça montre surtout que la société en est toujours au degré zéro de l'indépendance des femmes. Le véritable mouvement de société c'est quand les hommes ne restent plus au bistrot pour regarder défiler les femmes.
La non mixité, c'est comme tous les comunautarismes, il me semble. Peut être que c'est, dans la révolte de quelqu'un, une étape inévitable, mais c'est forcément un début d'échec (à mon avis).
Appeler "début d'échec" l'action d'un mouvement capable de mobiliser 150 000 femmes dans un pays me parait pour le moins sujet à caution.
Il me parait également difficile pour ne pas dire abusif de parler de "communautarisme" quand on sait à quel point les femmes sont éparpillées, disséminées, cloisonnée, privées d'oganisation fédératrice et solidaire, comme l'a d'ailleurs fait remarquer Olympe à plusieurs reprises dans ses articles, alors qu'elles se trouvent constamment face à une solidarité masculine transversale qui les maintient précisément sous "le plafond de verre".
""quand on sait à quel point les femmes sont éparpillées, disséminées, cloisonnée, privées d'oganisation fédératrice et solidaire, comme l'a d'ailleurs fait remarquer Olympe à plusieurs reprises dans ses articles, alors qu'elles se trouvent constamment face à une solidarité masculine transversale qui les maintient précisément sous "le plafond de verre"".
Il me semble qu'un des but du féminisme, c'est de sortir les femmes de la classe sociale "femme", pas de la consolider. Pourquoi alors regretter que les femmes soient "disséminées" ?
Bah, la solidarité masculine transversale, je trouve qu'elle est souvent mal observée. La solidarité machiste est bien autant le fait de femmes que d'hommes, c'est sexiste de penser que ce sont tous les hommes contre les femmes, en fait ce sont une partie (grande) des femmes et des hommes.... ce n'est pas une question de physiologie.
150 000 personnes à une manif, ça a un poids politique, mais les lois ne font pas les changements de société (il y a des tas de lois qui ne sont jamais respectées).
Que cette immense manif ne soit pas mixte, ça consolide aussi l'idée que tout ça n'est qu'une histoire de femme. Pour moi ce sont un peu comme des esclaves qui militent pour être mieux traitées, mais surtout pas pour abolir l'esclavage (sinon elles ne se considèreraient pas elles mêmes comme des femmes, et n'auraient donc pas l'idée de refuser les hommes aux manifs). Il me semble que le but du féminisme des années 70 (celui dont apparement tout le monde se réclame aujourd'hui), c'était que chaque personne ai droit à son individualité, et n'ai plus à être considéré-e d'abord comme une femmes ou un homme. Et je vois beaucoup de féministes d'aujourd'hui qui au contraire veulent qu'il y ai des classes distinctes. Je trouve ça affreux.
(je n'ai internet que le week end, c'est pour ça que je suis long à répondre)